mercredi, 21 mai 2008

Pas de photos !

36115747fa262d30526117192d9c0c7c.jpg


Dans ma note du 24 avril, L'implorant numérique (merci au passage à Midi-Libre de l’avoir mentionnée), j’évoquais les obstacles de plus en plus nombreux qui se dressent devant les photographes.
Dans une note plus ancienne, Les gens de dos (20 juillet 2007), dont je publie ci-contre l’album, je déplorais d’avoir été interdit de photographier dans la Coupole des halles de Nîmes ainsi qu’à la Gare SNCF et j’expliquais comment le célèbre photographe de l’agence Magnum Martin Parr avait fini par renoncer à réaliser son Think of France à la manière de ses précédents Think of England et Think of Germany car, disait-il, «Photographier en France, c’est devenu une activité illégale et je préfère ne pas être poursuivi…»
La semaine dernière, lors de la Nuit des Musées, c’est dans le Carré d’Art, temple nîmois — et bien plus — de l’art contemporain que j’ai été sommé par une responsable d’interrompre ma coupable activité alors que je m’intéressais au cadre de la médiathèque, à sa structure dans son ensemble, aux visiteurs, pas aux œuvres exposées. La photo qui inaugure ma note est donc une photo interdite… j’attends la police…
« Pas de photo !
— Pourquoi ?
— Et pourquoi pas ? »
Voilà les éléments principaux de l’échange que j’ai eu avec ma Dame Anastasie.
Les arguments liberticides qui m’interdisent Carré d’Art doivent être très valables… comme ceux qui m’interdirent la Coupole des Halles ou bien la Gare SNCF… mais cela m’indigne pour plusieurs raisons.

L’art contemporain que j’aime énormément est un art qui s’immerge totalement dans le monde tel qu’il est, qui capte tout ce qui nourrit la société des hommes et s’en saisit pour mieux nous interpeller, nous inviter à réfléchir sur elle, sans forcément d’a priori, sans tabous, sans exclusive, sans retenue. Les œuvres qu’il génère sont respectables, cela va de soi, et elles s’inscrivent à leur tour dans ce monde dont elles sont un peu l’écho magnifié par la magie de l’art, elles prennent leur place dans notre univers et je ne vois pas pourquoi elles deviendraient dès lors taboues et hors du jeu de toute création, à leur tour.

L’art contemporain (il n’est pas le premier) s’inspire parfois d’autres œuvres qu’il détourne, pastiche, auxquelles il rend hommage, à partir desquelles il développe d’autres propositions. Cela peut aller même très loin. Je pense au célèbre Erased de Kooning Drawing par Rauschenberg, en 1953, cas extrême d’un artiste qui efface l’œuvre d’un autre artiste, avec son accord, bien sûr. Picasso s’amusait avec les Menines de Velasquez, plus récemment c’est Francesco Vezzoli qui joue avec le cinéma, la télévision, la peinture d’Ingres par exemple. Pour ses installations vidéos Candice Breiz pioche dans les films cultes, les chansons de Madona, de Michael Jackson, de John Lennon … que fait-elle du copyright ?

Des photographes et non des moindres ont traduit par leurs remarquables clichés les rapports complexes que l’homme entretenait avec les arts plastiques : Willy Ronis avec l’Exposition Picasso, en 1955, Dimanche au louvre, en 1968 ; Henri Cartier Bresson à Richmond ou à Naples en 1960, Thomas Struth avec ses Museum Photographs et bien sûr Elliott Erwitt avec Museum Watching , en 1999, plus de cent photographies prises dans des musées — pas à Carré d’Art bien sûr — avec beaucoup d’humour et d’humanisme…

Enfin, Carré d’Art vient d’exposer Wolf Vostell avec une affiche qui doit pas mal au photo reporter Eddie Adams comme vous pourrez le constater en suivant les liens. Et c’est très fort, très émouvant... et l’on a peur, dans ce lieu où l’on expose un artiste qui emprunte avec bonheur à la photographie qu’un clic-clac sacrilège blasphème ses tableaux !

Allons ! Je respecte les œuvres, les créateurs, leurs ayants droit, le copyright, la propriété intellectuelle, tout ce que vous voulez ! Je ne fais pas commerce, « business » comme disait Andy Warhol, grand emprunteur lui aussi, de leur commerce artistique. J’aime un lieu, c’est tout, j’aime son architecture, son ambiance, ses bruits et son silence, sa majesté, son modernisme. Je dédie ces quelques images illicites, donc, à mes censeurs photographiques et je les assure de ma ferme intention de poursuivre dès que je le pourrai mon « illégale activité » comme dirait Martin Parr, avec un plaisir infini.
c7838778bc974f9867d3b35a22b7de85.jpg

9b27472e9eb556a78d54bdaff68db15e.jpg

ac89a334d86673fa531f37f8f56e126a.jpg

751144864bfc4fe39fe11fe70b47520c.jpg

f9ba1d406883ff04dc4a58e7ac730faa.jpg

874cb77f9b516bb70c34ff84e8c37b89.jpg

bf1811ddc0e6d50e37b2a02b3795d980.jpg

457faba4a3cf1c20882502b504e5ed57.jpg

3f78b92d32f41d0f0be36f4044b2045c.jpg

c71415cc67a339c5fb9ef42cc3a68cde.jpg

dd87b6cb1d0b1beddafb3da1340abd6d.jpg

55251ec8244d7efc0b7e1ecb5c455e3b.jpg

dbea7e6a484d7ad2c865f9ad0f8b0608.jpg

dimanche, 02 mars 2008

Alors, ce printemps, il vient ?

6d5996bc8d3acd9cc519beae30b18cba.jpg

A la font de Nimes
I’a un amelié
Que fai de flour blanco
Au mes de janvié

Bon, il y était l’amandier, en fleur aussi, pas vraiment en janvier, en février surtout… comme quoi, le réchauffement climatique était déjà en germe dans cette chanson que connaissent tous les Nîmois.

L’hiver s’épuise dans les Jardins. Les arbres nus dégagent encore la vue mais les pins, les cèdres, les oliviers, les chênes ont gardé leurs robes quatre saisons comme pour nous faire patienter en attendant la frondaison nouvelle …
Il y a des jours de grand soleil, de grand ciel bleu dans cet hiver peu hivernal. Les arbres dépouillés semblent alors anachroniques et l’on se dit qu’il est temps que le temps se mette au diapason méridional. D’autres jours nous remettent à l’heure d’hiver : le ciel est bas, la pluie froide glace les os, les Jardins sont désertés, mais cela ne dure pas. Il faut s’y faire, l’hiver ici reste étranger, il prend très mal l’accent nîmois.
Alors vite, dernières images d’une saison qui s’en va. Depuis trois ou quatre jours, déjà, aidés par le mistral, les amandiers s’ébrouent de leurs fleurs blanches et se parent de vert. Lorsque je reviendrai, bientôt, l’hiver sera vaincu et tout bourgeonnera. Dans les Jardins de la Fontaine, l’année commencera vraiment.

3a8f081b93b61bbdd17958a33905db06.jpg


ddbd281ad362d607b90f1abce47ec04e.jpg


e2caaea3ed60b35a5ea90315bc27e284.jpg


cd03c6e3ca924b61248fab3dd1adfe08.jpg


e2d3ef34d669b6e0366d95f421bd7528.jpg


2a6f78dc85ec708cc7b4c9e796de23a6.jpg


5235f66faf524e522d8c7d4a93275620.jpg


44ab8ee93b5cffcf94477619d412acc7.jpg


2ac1ac0204240cddc07df7073612922b.jpg


bdf13b4b398bfca37b7c13f005fcd524.jpg


31e26ed18ea34fa78e86ad12f030f435.jpg


6e6f541b7b4b0e183246d81ea28535d6.jpg


d822e67afb7457a9390e4a6f93f50301.jpg


29a517b240d1fb830b6927c64fc400c6.jpg


f3512be2aff5423e6a9d8feef090562d.jpg


495da7b09bdbcb78c04e150cdc5baa00.jpg


696b9bec8a9280e87a37707f4587a7f7.jpg