mardi, 15 juillet 2008
Arènes en feu !
Un feu d'artifice pour une dernière petite note avant la pause estivale.
Les arènes ont "pris feu" pour rendre hommage à la Bastille de 1789... J'aurais plutôt cru qu'un nouveau Néron avait voulu faire des siennes dans notre Colisée nimois...
A bientôt donc, le temps de flâner de-ci de-là et de cueillir d'autres images.
Post-scriptum : Reçu d'un artiste photographe un lien vers son site que je communique avec plaisir. Jérôme Sevrette, c'est son nom, a travaillé sur le Belvédère de Cerbère et c'est à la suite du récent article du Midi-Libre sur ma note du 26 juin qu'il m'écrit pour me présenter un livre qu'il publie sur ce sujet. Je suis ravi mais non surpris que cet extraordinaire bâtiment inspire des artistes. Son livre peut être commandé à cette adresse.





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jeudi, 03 juillet 2008
De la douleur des arbres

Les Jardins de la Fontaine sont une fois de plus le thème d’un album que je propose.
Je me suis intéressé cette fois aux arbres et surtout à leur douleur, qu’elle soit physique ou morale. Car il arrive aux arbres de souffrir, par notre faute, bien sûr, et ils l’expriment à leur manière.
À force de les côtoyer, de les fréquenter, j’ai pu surprendre des plaintes, des soupirs, des conversations. J’ai traduit quelques bribes de leur sylvestre « parladure », qu’on ne doit pas prendre — comme je l’ai déjà conté dans le Dit de Malebranche — pour de la langue de bois…
Voici :
« — Moi j’ai été planté pour faire de l’ombre aux joueurs de pétanque. Mon tronc tuméfié a bloqué dans leur course les boules égarées et j’ai grandi avec ces marques, ces stigmates, ces horribles bubons…
— J’ai moi aussi ce même anthrax qui couvre mon écorce, et je porte des clous, des crochets, des morceaux de ferraille, patères douloureuses.
— J’en porte aussi, à mon tronc défendant… j’ai essayé, comme les huîtres perlières, d’enrober ces intrus, mais je n’ai réussi qu’à me rendre plus laid…
— Des amoureux ont tatoué leur nom sur ma peau...
— Moi, des cœurs…
— Et moi des initiales…
— Que reste-t-il de leur amour ? Rien, peut-être, mais nous portons à jamais les traces dégradées de ces élans d’un jour…
— Moi, le palmier, je suis toiletté comme un caniche ridicule : taille en marguerite, en ananas… qui me dira comment je suis vraiment, avec mon stipe naturel, paré de toutes mes palmes ?
— Moi j’ai été déraciné de mon Espagne natale. J’y ai vécu des siècles, il me semble, et me voilà contraint de pousser comme ils l’ont décidé, à force de tailles, de fils de fer, de tuteurs… j’étais un utile olivier et je suis désormais un arbre d’ornement…
— Moi aussi, j’ai subi les caprices des hommes. Ils ont taillé ici, coupé là, forcé dans ce sens… à quoi ressemblerais-je sans ce harcèlement ?
— Moi je porte une plaque, matricule 1372… peut-être va-t-on me fusiller contre un poteau… ou contre un arbre…
— Moi je suis très malade… ma robe verte est bien jaune à présent. Je sais qu’ils vont m’abattre. Il n’y aura sur le sol que mon tronc coupé ras, avec pour les curieux le lisible vortex des années écoulées… »
Voilà ce que j’ai entendu, dans les Jardins de la Fontaine.
Demain, après demain, lorsque vous croiserez un arbre, regardez-le autrement, écoutez-le peut-être, ne restez pas de bois…
17:00 Publié dans Photos/Dessins | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : arbres
dimanche, 15 juin 2008
La gare de Cerbère

Comment revenir à Cerbère sans emprunter comme ça, pour voir s’il est toujours là, le long tunnel de la gare ? C’est un passage souterrain pour piétons qui vous conduit du village, au niveau de la mer, à la gare, plantée au-dessus d’une immense plateforme gagnée sur le flanc de la montagne. Un interminable viaduc aux arches de briques rouges comblées de grosses pierres de schiste soutient cette gare internationale et son large réseau de voies étincelantes sous le soleil catalan. De la belle ouvrage conçue dans les ateliers d’Eiffel, au début du siècle précédent.
Le passage souterrain de mon enfance était encore plus long, bien sûr, que celui que j’ai emprunté l’autre jour…
Nous n’en menions pas large quand il fallait le traverser pour aller à la gare attraper la Micheline ou le train à vapeur de Perpignan ou bien le train de Port-Bou, le jour du marché espagnol. Nous restions un peu à distance des mamans pour ne pas perdre la face devant les copains qui en faisaient de même mais nous ne nous éloignions pas trop, la témérité avait ses limites… Nous étions engloutis dans l’antre de Cerbère, sombre boyau sans fin qui nous terrifiait avec l’écho amplifié de nos propres cris d’enfants.
Le tunnel de mes années de collège était moins impressionnant mais quand même… on s’amusait à faire peur aux filles en faisant mine de les y abandonner mais on pressait le pas quand par aventure on s’y retrouvait seul et que l’ombre inquiétante d’un voyageur, à mi-distance entre l’entrée et la sortie, mettait notre courage à rude épreuve.
Le passage « initiatique » d’aujourd‘hui a bien changé. C’est un long tube que des graffeurs — autorisés sans doute — ont transformé en kaléidoscope psychédélique. Le long, triste, sombre et solitaire boyau de mes jeunes années est devenu un monde ludique, onirique, enchanté. Les enfants de Cerbère doivent aujourd’hui le traverser en riant comme on traverse un jeu vidéo en trois dimensions. Je les envie un peu. Mon souterrain tenait de la baleine de Jonas, du royaume d’Hadès, d’un univers « claustromaniaque » et repoussant. Aujourd’hui les enfants de Cerbère ne doivent plus presser le pas dans ce monde au temps déréglé d’Alice au Pays de Merveilles.



22:42 Publié dans Photos/Dessins | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Cerbère, train, souterrain
lundi, 09 juin 2008
Une route m'a pris...

Une route m'a pris sur les pas de l'enfance.
Deux notes à venir, du fin fond de la France...
23:30 Publié dans Photos/Dessins | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 21 mai 2008
Pas de photos !

Dans ma note du 24 avril, L'implorant numérique (merci au passage à Midi-Libre de l’avoir mentionnée), j’évoquais les obstacles de plus en plus nombreux qui se dressent devant les photographes.
Dans une note plus ancienne, Les gens de dos (20 juillet 2007), dont je publie ci-contre l’album, je déplorais d’avoir été interdit de photographier dans la Coupole des halles de Nîmes ainsi qu’à la Gare SNCF et j’expliquais comment le célèbre photographe de l’agence Magnum Martin Parr avait fini par renoncer à réaliser son Think of France à la manière de ses précédents Think of England et Think of Germany car, disait-il, «Photographier en France, c’est devenu une activité illégale et je préfère ne pas être poursuivi…»
La semaine dernière, lors de la Nuit des Musées, c’est dans le Carré d’Art, temple nîmois — et bien plus — de l’art contemporain que j’ai été sommé par une responsable d’interrompre ma coupable activité alors que je m’intéressais au cadre de la médiathèque, à sa structure dans son ensemble, aux visiteurs, pas aux œuvres exposées. La photo qui inaugure ma note est donc une photo interdite… j’attends la police…
« Pas de photo !
— Pourquoi ?
— Et pourquoi pas ? »
Voilà les éléments principaux de l’échange que j’ai eu avec ma Dame Anastasie.
Les arguments liberticides qui m’interdisent Carré d’Art doivent être très valables… comme ceux qui m’interdirent la Coupole des Halles ou bien la Gare SNCF… mais cela m’indigne pour plusieurs raisons.
L’art contemporain que j’aime énormément est un art qui s’immerge totalement dans le monde tel qu’il est, qui capte tout ce qui nourrit la société des hommes et s’en saisit pour mieux nous interpeller, nous inviter à réfléchir sur elle, sans forcément d’a priori, sans tabous, sans exclusive, sans retenue. Les œuvres qu’il génère sont respectables, cela va de soi, et elles s’inscrivent à leur tour dans ce monde dont elles sont un peu l’écho magnifié par la magie de l’art, elles prennent leur place dans notre univers et je ne vois pas pourquoi elles deviendraient dès lors taboues et hors du jeu de toute création, à leur tour.
L’art contemporain (il n’est pas le premier) s’inspire parfois d’autres œuvres qu’il détourne, pastiche, auxquelles il rend hommage, à partir desquelles il développe d’autres propositions. Cela peut aller même très loin. Je pense au célèbre Erased de Kooning Drawing par Rauschenberg, en 1953, cas extrême d’un artiste qui efface l’œuvre d’un autre artiste, avec son accord, bien sûr. Picasso s’amusait avec les Menines de Velasquez, plus récemment c’est Francesco Vezzoli qui joue avec le cinéma, la télévision, la peinture d’Ingres par exemple. Pour ses installations vidéos Candice Breiz pioche dans les films cultes, les chansons de Madona, de Michael Jackson, de John Lennon … que fait-elle du copyright ?
Des photographes et non des moindres ont traduit par leurs remarquables clichés les rapports complexes que l’homme entretenait avec les arts plastiques : Willy Ronis avec l’Exposition Picasso, en 1955, Dimanche au louvre, en 1968 ; Henri Cartier Bresson à Richmond ou à Naples en 1960, Thomas Struth avec ses Museum Photographs et bien sûr Elliott Erwitt avec Museum Watching , en 1999, plus de cent photographies prises dans des musées — pas à Carré d’Art bien sûr — avec beaucoup d’humour et d’humanisme…
Enfin, Carré d’Art vient d’exposer Wolf Vostell avec une affiche qui doit pas mal au photo reporter Eddie Adams comme vous pourrez le constater en suivant les liens. Et c’est très fort, très émouvant... et l’on a peur, dans ce lieu où l’on expose un artiste qui emprunte avec bonheur à la photographie qu’un clic-clac sacrilège blasphème ses tableaux !
Allons ! Je respecte les œuvres, les créateurs, leurs ayants droit, le copyright, la propriété intellectuelle, tout ce que vous voulez ! Je ne fais pas commerce, « business » comme disait Andy Warhol, grand emprunteur lui aussi, de leur commerce artistique. J’aime un lieu, c’est tout, j’aime son architecture, son ambiance, ses bruits et son silence, sa majesté, son modernisme. Je dédie ces quelques images illicites, donc, à mes censeurs photographiques et je les assure de ma ferme intention de poursuivre dès que je le pourrai mon « illégale activité » comme dirait Martin Parr, avec un plaisir infini.













09:35 Publié dans Photos/Dessins | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Médiathèque, Nîmes, Carré d'Art, Vostell, Art contemporain, photos interdites
jeudi, 24 avril 2008
L'implorant numérique

Avec les 6X6 et autres appareils à visée indirecte sur verre dépoli, de type Rolleiflex, l’humble photographe devait baisser les yeux pour cadrer l’objet de sa prise de vue.
Avec les appareils reflex, c’est directement à travers l’objectif qu’on vise, via un miroir qui s’escamote au dernier moment pour capturer sa proie…
Avec les appareils à télémètre, de type Leica par exemple, on peut en même temps de l’œil gauche regarder son sujet, converser avec lui le cas échéant et de l’œil droit cadrer sa photo de la manière la plus discrète.
L’arrivée des appareils numériques compacts provoque une nouvelle geste photographique intéressante à observer lorsqu’on se trouve environné de touristes occupés à faire moisson d’images pour quand la bise sera venue…
Ces appareils peuvent être très petits, presque invisibles, on voit alors parfois des bras tendus dans le vide, devant des monuments, des scènes photogéniques et l’on s’amuse à penser que ces bras sont ceux d’implorants « numériques » vouant un culte étrange à d’invisibles idoles.
Si l’on s’approche un peu plus on peut même constater que ces faucheurs d’images ont les yeux rivés sur les minuscules télévisions que sont leurs viseurs, des « télé-viseurs », donc, comme s’ils regardaient déjà en différé l’instant qu’ils vivent et qui n’est donc plus tout à fait leur présent.
Certains, je l’ai vu récemment, ne prennent même pas la peine de regarder directement ce qui s’offre à leur vue, ils balaient numériquement devant eux en se disant sans doute qu’ils auront tout le temps, chez eux, de séparer le bon grain de l’ivraie…
Ce qui est certain c’est qu’à peu près tout le monde est pourvu aujourd’hui d’un moyen de capter le réel, appareil photo numérique ou photophone, et que l’univers de l’image est en pleine révolution… numérique bien entendu, avec ce paradoxe inquiétant : plus on a les moyens technologiques de faire des photos, plus les conditions de le faire concrètement deviennent difficiles, avec les obstacles juridiques, commerciaux, culturels qui tous les jours se dressent et rendent pour le moins « flou » l’avenir de la photographie.










00:15 Publié dans Photos/Dessins | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Photo numérique
jeudi, 27 mars 2008
Le Grau-du-Graff, dernière...
La note que j'ai publiée le mois dernier - 26 février - sur les Graffs du Grau du Roi avec l'album de photos ("Photo Graph") en illustration est à nouveau mentionnée dans la presse. La Gazette de Nîmes y consacre un petit article dans son édition d'aujourd'hui et en publie une image.
J'espère que l'hebdomadaire nimois ne subira pas comme le Midi-Libre les foudres de lecteurs grincheux et mal informés sur ce phénomène.
Je précise encore que les fresques murales qui ont attiré mon attention et qu'on nomme graphs ou graffs ne "vandalisent" pas des immeubles habités mais recouvrent les murs d'habitations abandonnées en attente de démolition...
Merci à la Gazette de Nîmes pour son aimable visite dans mon blog.

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dimanche, 23 mars 2008
Printemps timide

Mars attaque encore et les Jardins ont froid. Quelques photos prises ce matin entre deux éclaircies, entre deux rafales hivernales. Enfin les arbres de Judée allument quelques feux dans les halliers vers la Tour Magne, et les coronilles sont épanouies : il faut bien que jaunisse se passe…
De la couleur, donc, dans les Jardins de la Fontaine, mais c’est timide, l’ambiance n’y est pas encore, il faudra revenir pour les grands incendies technicolorés que le printemps, le vrai, nous prépare en ces lieux …







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vendredi, 29 février 2008
Photo de la semaine

Merci pour ce petit coup de "haut-parleur" qui me va droit au coeur !
Et bonne visite de l'album photo pour ceux que l'article du Midi-Libre aura conduits vers mon blog.
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mardi, 26 février 2008
Photo Graff

Promenade sur la plage du Boucanet, au Grau du Roi. Belle journée de fin février. Peu de monde malgré le soleil qui tiédit le sable fin. Je photographie les reflets de l’eau sur les bords de la grève, les rides de sable mouillé qu’inlassablement redessinent les risées d’un vent frais de la mer, écritures changeantes au gré du flux et du reflux des vaguelettes. Je prends aussi des traces, des empreintes : semelles des promeneurs, pattes de mouettes, de goélands, sculptures en creux de pneumatiques. Ici la mer et le vent rebattent les cartes en permanence, les signes de notre présence ne sont qu’éphémères, on passe et tout s’efface.
Je médite, face aux quatre éléments : la mer, le vent, le sable et le soleil, petit philosophe de congés payés. Mais c’est curieusement le monde urbain qui vient ici me tirer de mes songes : à main droite, juste après le long et vieux bâtiment du centre de rééducation — qui est une annexe du CHU de Nîmes — d’autres bâtiments, propriété également du CHU sont à l’abandon, manifestement voués au grignotage, au dynamitage, aux pinces, aux broyeurs, aux grappins, aux bulldozers, aux pelleteuses des démolisseurs pour faire place nette avant je ne sais quels très juteux projets immobiliers…
En attendant, ces bâtiments, ces blocs en friche — bien qu’assez modernes — sont devenus de véritables « résidences » d’artistes graffeurs, ou grapheurs, les deux s’écrivent, et ce sont les couleurs vives des façades bombées qui ont attiré mon regard, depuis la plage qui les borde.
Alors j’ai enjambé des ganivelles, une clôture effondrée, j’ai regardé et j’ai photographié. Je vous invite à parcourir l’album photo qui correspond à cette note. Des ombres mouvantes derrière une fenêtre aux vitres brisées m’ont indiqué une présence. Je suis entré dans un des blocs ouvert aux quatre vents, j’ai pris un escalier et me voilà dans une pièce, très éclairée, que trois graffeurs sont occupés à décorer. On discute. Deux sont lycéens, seconde et terminale, le troisième n’est plus scolarisé. Muni d’un rouleau fiché sur un manche, un des trois intervenants passe une couche de blanc sur un mur de la pièce. Son camarade, armé dune bombe aérosol, esquisse les contours de son graff. Le troisième me pose des questions, me demande ce que je pense des graffs que j’ai vus. Je les trouve réussis, dynamiques, spontanés, ils rendent hommage aux lettres qui ne sont d’habitude que les esclaves des mots, et c’est parce que tout cela va bientôt s’effacer (comme nos traces sur la plage, décidément ! ) que j’ai envie de témoigner de leur vie éphémère.
Je laisse ces trois jeunes à leurs murales pages blanches, je parcours toutes les pièces des blocs à l’abandon, profitant au maximum de la lumière qui faiblit. L’odeur enivrante des bombes de peinture envahit tout l’espace. Pas une pièce qui n’ait été prise d’assaut par les graffeurs. Il y a de simples surimpressions de tags, bien sûr, on sent qu’il y a quelques rivalités, du narcissisme aussi, mais il y a surtout, partout, des graffs très élaborés, des frises, des fresques murales qui forcent le respect. Certains graffs se reconnaissent rapidement, pseudonymes autant sonores que visuels : Olek , Save , Gaze , Anis … Toute la trans-culture urbaine est là, les pieds dans le sable du Golfe du Lion ! « Sous les pavés la plage », disait un mur de mai 68. Mais elle est là, la plage, juste derrière ces murs recouverts de signes entremêlés, modernes palimpsestes énigmatiques pour nous mais qui nous parlent d’une jeunesse pour qui le monde des adultes n’est pas encore un modèle idéal, sans doute, d’une jeunesse qui s’invente des codes, des langages, des règles à suivre hors de nos sentiers rebattus avant de prendre sa place —ou d’essayer de la prendre — dans le train-train trop formaté de notre quotidien.
Je ne connais pas cette culture, ses codes, son lexique, je ne sais pas au fond ce qui se trame derrière ces écrans pariétaux, je ne sais pas si j’ai croisé les Jean-Michel Basquiat, les Keith Haring de demain. J’ai simplement été touché par le fait qu’eux dans les blocs qu’ils ont investis, moi dans mon blog et vous sans doute aussi, nous tous sommes mus par ce même désir qui est de laisser une trace, avec le vain espoir que le temps, le vent, la mer ou les équarrisseurs immobiliers ne l'effacent pas trop vite.
08:55 Publié dans Photos/Dessins | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : graff, graph, tags


