Dans les Jardins de la Fontaine
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mardi, 06 mai 2014

Klimt is good

Klimt, Schiele, Hundertwasser, Carrières de Lumières, Beaux de Provence, Vienne, Wagner, Alpilles

Tout près des Beaux de Provence, les Carrières de Lumières hyperbolisent des œuvres de Klimt, de Schiele et Hundertwasser. C’est une manière originale d’utiliser les monumentales parois des carrières de calcaire blanc abandonnées et de construire un spectacle multimédia à partir d’œuvres d’art.

Je me souviens du temps où les spectacles se faisaient à partir de « Carrousels Kodak », toute une armada de projecteurs de diapositives savamment disposés dont les cliquetis synchronisés ponctuaient bruyamment le diaporama. Ça c’était avant…

Aujourd’hui tout est numérique, les projecteurs sont vidéos, il y en a 100, l’informatique permet de créer à l’infini des effets de zooming, de fading, de jouer sur les rythmes, les surimpressions et la sonorisation, également pilotée par l'ordinateur, est époustouflante, Wagner emplit l’espace avec son Tannhäuser.

Ce qui est intéressant aussi, c’est d’être comme à l’intérieur des œuvres, en visite, en promenade, en immersion. Les gens déambulent ou si figent au milieu des couleurs et des lumières des maîtres de Vienne, les mêmes tableaux prennent corps différemment selon le point de vue et l’on se sent vite grisé par ces images enveloppantes.

Quand on ressort, l’envie nous prend d’aller dans un musée voir vraiment les œuvres de Klimt, de Schiele ou de Hundertwasser, c’est cela qui est positif. Voir les œuvres, oui, car là, dans ces Carrières de lumières, ce sont les œuvres qui nous ont engloutis…

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18:42 Écrit par Phil dans Blog, Images, Loisirs/Culture, Musique, Photos/Dessins, Traditions | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | Pin it! |  Imprimer | | |

samedi, 15 février 2014

Les épaules du père

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Hier j'ai écouté Albin de la Simone chanter "Mes épaules"...

Pendant que s’égrenaient les notes et les mots de cette jolie chanson me revenait cette note publiée il y a quatre ans dans ce blog.

Un blog n'est pas un site web, naviguer dans ses profondeurs n'est pas chose aisée, alors, de temps en temps, faisons remonter à la surface des notes enfouies dans les couches passées, des notes qui ont compté et celle-là en est une.

 

Je ne me souviens pas des épaules de mon père. Enfin, je ne me souviens pas du contact de ses épaules, lorsqu’il me hissait dessus, afin que je puisse moi aussi profiter du spectacle… il a dû le faire, je l’ai fait bien souvent, moi, avec mes enfants. Mon père a dû le faire, c’est sûr. Et mes enfants, est-ce qu’ils se souviennent de mes épaules ? Ils me disent que oui, qu’ils n’ont pas oublié, que cela ne s’oublie pas, qu’on en garde à jamais comme une impression grisante de toute puissance, l’espace d’un instant...

Que les enfants oublient ou pas les épaules du père, le père, lui, c’est toute sa vie qu’il garde le souvenir délicieux de ses enfants sur ses épaules, toute sa vie qu’il garde cette sensation de transporter leur âme vers la « maison de demain » comme dirait Khalil Gibran pour qui nos enfants ne sont pas nos enfants…

Les bras de la mère sont là dès la naissance, bras enveloppants, havres de bras, ils sont le vrai cordon ombilical qui relie pour longtemps le bébé puis l’enfant à sa source, plus tard parfois aussi l’adolescent, le fils ou la fille grandis, puis homme ou femme devenus. Les bras de la maman ont le pouvoir perpétuel de tout ré-enfanter…

Les épaules du père, c’est autre chose. Elles entrent en jeu plus tard que les bras de la mère et pour un temps plus court. Elles projettent l’enfant au-dessus de la mêlée en l’arrimant fermement à l’ancre familiale. Elles lui donnent le goût du large, elles lui font humer la houle tout en l’en protégeant.

Bras de la mère, épaules du père… la main des deux pour consoler d’une caresse une joue triste qu’une larme traverse… peut-être un peu simpliste, non ? voire...

Allons ! Les pères d’aujourd’hui ouvrent aussi souvent qu’ils le peuvent ou qu'ils le veulent leurs bras câlins, tout comme les mères, et les mères modernes ont de solides épaules.

Mais ça ne fait rien, l’espace d’un instant cette idée des épaules du père et des bras de la mère a bercé mon esprit envahi des bouffées de l’enfance. À tous les enfants de la terre, que peut-on souhaiter d’aussi fort que des épaules et des bras, paternels, maternels, dans l’ordre qu’on voudra, pour aller bravement vers demain ?

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19:01 Écrit par Phil dans Famille, Images, Musique | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : famille, épaules, bras, bercer, câliner, enfants, parents, papa, maman, père | |  Facebook | | | Pin it! |  Imprimer | | |

samedi, 26 janvier 2013

Hurdy gurdy man, le joueur de vielle

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Si vous vous êtes promenés dans les Jardins de la Fontaine, vous avez certainement entendu, un jour ou l’autre, du côté du Mas Rouge, en grimpant vers la Tour Magne, les notes égrenées d’un instrument que vos oreilles ont sans doute d’abord pris pour une cornemuse. Et puis vous l’avez vu, le musicien, assis sur un banc, tournant et tournant des heures durant la manivelle de sa vielle et laissant courir les doigts de sa main gauche sur les touches de son clavier. Non, son instrument ne tient ni du vieux moulin à café Peugeot des années 20, pour la manivelle, ni du iPad dernier cri pour les touches et le clavier. C’est une vielle plate à roue, un instrument de musique à bourdon, cousin — d’où la confusion sonore — de la cornemuse, cousin éloigné cependant car lui est à corde et l’autre est à vent.

hurdy gurdy man, joueur de vielle, vielle plate à roue, instrument de musique à bourdon, bois d'okouméIl fallait bien que deux fous hantants des Jardins de la Fontaine finissent par se parler. Lui occupé à semer ses jolies notes, moi à récolter des images…

 Je l’ai interrogé, donc, sur sa passion, sur son instrument, sur ce qu’il vivait dans les Jardins de la Fontaine. Et c’est sur lui que j’écris aujourd’hui car j’ai envie, dorénavant, après cinq années à traquer la lumière et les ombres des Jardins, d’en fréquenter aussi le peuple, ceux que j’appelle Gens des Jardins, lointain écho de mes lectures de jeunesse, quand j’étais tombé sous le charme de James Joyce et de ses Gens de Dublin

Après Manuel Adamczyck, le « Berger des agaves », paysagiste aux Jardins dont j’ai écrit ici quelques lignes, voici le portrait de celui que j’appellerai Hurdy gurdy man, qu’on peut traduire par le "vielleux", en souvenir, un autre écho lointain, d’un jeune barde écossais des années 60, Donovan…

 Le personnage

Patrick Guétin a 58 ans, il est Beaucairois d’origine, chaudronnier de son état, hélas chômeur et sans espoir aucun de trouver du travail jusqu’à l’âge se sa retraite. Il a toujours aimé la musique, toutes les musiques, celles de sa jeunesse : disco, reggae, funk, rock… très éloignées de celle qu’il joue sur sa vielle. C’est plus tard qu’il s’est intéressé à la musique médiévale, découverte à Vézénobres lors des fêtes de la figue. Il a aussi rencontré Coriandre, un groupe occitan de Sommières et il est tombé amoureux de la vielle à roue.hurdy gurdy man, joueur de vielle, vielle plate à roue, instrument de musique à bourdon, bois d'okoumé

Il a fait des recherches, un peu partout, a bouquiné sur l’instrument, son histoire, son évolution, un instrument hors de prix hélas !

Un jour, il a lu que des paysans des siècles passés fabriquaient eux-mêmes leurs vielles. Pourquoi pas lui alors ? Il n’était pas luthier, non, mais il la voulait, sa vielle plate à roue ! Alors il la fabriquerait lui-même !

Et c’est ce qu’il a fait, ça lui a pris deux ans, mais il y est arrivé.

 L’instrument

Vielle à roue P12_5692.jpgLa vielle de Patrick Guétin est un modèle soprano, c’est par définition un instrument de musique à bourdon, c’est à dire qu’elle émet des sons en continu entretenus par la vibration des cordes, dites sympathiques, au nombre de six en général : un gros bourdon et une trompette sur les côtés, les  chanterelles au milieu. La mélodie se joue sur ce fond musical, la vielle est un instrument polyphonique. Patrick Guétin connaît la musique même s’il ne connaît pas le solfège, et il décrit son instrument en long en large et en travers, allant chercher au Moyen-Âge ou au dix-septième siècle des explications précises sur son évolution. Il a utilisé du bois de tilleul pour la table d’harmonie et le flanc, du placage d’okoumé un bois tropical plus facile à cintrer pour l’éclisse. Les cordes des bourdons, coûteuses, sont ici des cordes de taille bordures qui sonnent aussi bien, et tant pis pour leur couleur criarde ! C’est tout cela, le génie du bricolage. La roue, cœur de l’instrument, est en nylon car le noyer se voile trop. Et cela marche… ou cela joue, et de belle manière.

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 Jouer dans les Jardins

hurdy gurdy man, joueur de vielle, vielle plate à roue, instrument de musique à bourdon, bois d'okouméL’instrument terminé, c’est dans les Jardins de la Fontaine que Patrick Guétin est venu l’essayer, le régler, l’améliorer. L’instrument n’est pas en soi très puissant, il est parfois amplifié, dans les concerts, mais quand même… alors, ici, sous les arbres, devant les passants intrigués et ravis, y a-t-il plus belle scène ? Il a acheté des disques, a progressé en travaillant d’arrache-pied, et voilà, il peut aujourd’hui jouer dans des fêtes médiévales, même si c’est ici, dans les Jardins, qu’il aime le mieux faire résonner sa vielle.

Des rencontres aussi

Un jour un écrivain l’a accosté, comme je l’ai fait aujourd’hui. Patrick Guétin lui a raconté ses moments délicieux passés dans les Jardins, à jouer, à dire aux gens sa passion… Un an plus tard environ, un touriste l’a approché et lui a demandé s’il était le seul à jouer de la vielle dans les Jardins de la Fontaine… alors, c’était donc bien de lui qu’il s’agissait, là, hurdy gurdy man, joueur de vielle, vielle plate à roue, instrument de musique à bourdon, bois d'okoumédans un chapitre de ce livre, Le dépaysement - Voyages en France, de Jean-Christophe Bailly, « Prix Décembre » 2011, excusez du peu !

Une autre fois, un couple de touristes allemands l’a abordé. L’homme, dans un français guttural bien caractéristique lui a expliqué que lui aussi connaissait cet instrument. Il a été stupéfait d’apprendre comment celui-ci avait été construit et il en a joué, une musique différente, belle, si bien maîtrisée. Ah ! si les allemands de 39 avaient été vielleux plutôt que belliqueux !

Voilà… j’ai salué Patrick Guétin qui a joué pour moi un air du Moyen-Âge, en guise d’au revoir, les doigts dansant hors des mitaines. Riche rencontre, de la chaleur dans cette froidure hivernale, et j’ai pris goût, je crois, à ces rendez-vous impromptus à venir, avec je ne sais qui encore, avec ces belles âmes des beaux Jardins de la Fontaine.

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Depuis la publication de cette note, j'ai eu pas mal de retours par Facebook ou par mail sur cet article.

Voici par exemple ce qu'en dit le blog "Le paratge des sirènes" qui apprécie notre musicien et dans lequel un certain Philou (dans les commentaires) raconte sa rencontre avec notre joueur de vielle, à Sommières.