Dans les Jardins de la Fontaine
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mardi, 27 novembre 2007

Champ / contre-champ

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Il faisait froid samedi dernier, au Pont du Gard...
Devant moi ces arbres et cette lune tremblante...
Derrière moi, lui, en majesté...
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... Et dans l'auditorium de la rive droite, pour la soirée de clôture de Contes en balade que la Bibliothèque départementale de Prêt du Gard organise depuis dix ans, deux conteurs éblouissants, Gille Crépin et Gabriel Kansa, pour plus de trois heures d'évasion.

Le froid, dehors, les arbres dans la nuit, la lune et les arches du Pont qui tournent leur nuit gardoise en pellicule perforée, le chaud dedans avec les mots qui nous prennent par les oreilles dans des ailleurs lointains, d'un Nord imaginaire à l'Afrique magique...

Vous auriez dû venir !

00:05 Écrit par Phil dans Photos/Dessins | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | Pin it! |  Imprimer | | |

dimanche, 18 novembre 2007

Jardins d'automne

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« Paysage » est un mot qui vient de la peinture, de la Renaissance précisément, il n’est donc pas très vieux. Il désignait la représentation d’un site champêtre en général, puis le tableau lui-même, bref, c’était un thème pictural, comme le nu, la nature morte, le portrait, etc.

C’est dire si un paysage a peu à voir, finalement, avec la nature elle-même. Un paysage est souvent le résultat d’une intervention humaine. Revisitons mentalement nos paysages familiers : des mers de vignes aux souches alignées, des haies de cyprès verts en coupe-vent au bord de terres cultivées gagnées sur des forêts désormais reboisées, des chemins qui serpentent dans des plaines jaunes de colza, une borie noyée dans des vagues de lavande …

Avez-vous remarqué d’autre part que l’automne se pare moins de couleurs éclatantes dans nos Cévennes moins fréquentées par les châtaigniers et repeuplées de sobres conifères qui n’ont pas besoin de se dépouiller pour passer l’hiver ?

Avez-vous remarqué que dans nos villes aussi et pour d’autres raisons, les arbres à feuilles caduques, celles qui incendiaient nos automnes de leurs couleurs saturées, sont de plus en plus remplacés par d’autres essences aux feuillages persistants ? La variété n’est plus de mise. Les arbres sont au pas… Des raisons d’économie, sans doute : le ramassage des feuilles mortes a un coût… de plus basses raisons aussi : tous ces palmiers en uniforme vert qui colonisent les villes du Sud leur donnent un air de cartes postales, une touche « exotique » propre à séduire le touriste et à nous faire croire que nous vivons et travaillons en Floride, aux Bahamas, à Tahiti, bref, que sans le savoir nous sommes en vacances et de quoi nous plaignons-nous ... ?

Dans les Jardins de la Fontaine, en revanche, toutes les essences cohabitent : les platanes, les marronniers, les sophoras qui témoignent de l’arrivée de l’automne, avec les pins, les cyprès, les chênes verts, les cèdres du Liban, les oliviers et autres espèces méditerranéennes qui veulent faire croire encore à l’été. Est-ce un combat « d’arrière saison » ? Non, c’est une métaphore du « paysage » humain d’aujourd’hui, une palette métissée dont ferait bien de s’inspirer l’homme frileux qui sépare, qui exclut, qui cloisonne, rejette, déteste, a des haines si fortes que l’idée seule de la différence lui devient haïssable.

Si les paysages sont à l’image de l’homme, puisse alors cette image être vraiment humaine…

Bonne visite de mon album "Jardins d'automne".

19:45 Écrit par Phil dans Photos/Dessins | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | Pin it! |  Imprimer | | |

samedi, 27 octobre 2007

Cindy Sherman, la fatigue d'être soi

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Après Valérie Belin et Désirée Dolron, c’est une autre femme photographe que je voudrais vous inviter à découvrir.
Elle s’appelle Cindy Sherman, elle est Américaine, le Jeu de Paume lui a consacré l’année dernière une exposition rétrospective de ses œuvres de 1975 à 2005.
Que photographie-t-elle depuis tant d’années ?
Elle-même, le plus souvent. À longueur de pellicule elle met en scène son double imaginé, réinventé, recréé pour chaque pose. On pourrait dire que c’est son corps mais non pas son image. Elle montre la femme à travers des starlettes un peu niaises, des jeunes filles alanguies, dolentes, pleurant des violences subies ou de l’amour en allé, des femmes au foyer, des executive women, tous les stéréotypes féminins sont explorés, finement disséqués, « imaginés » −littéralement− et présentés comme des instants volés à des scènes de films, de séries télé, de vie réelle ou de télé-réalité.
C’est très troublant, dérangeant, inquiétant. Cindy Sherman nous montre derrière ces femmes des individus du monde moderne, − celui de la mondialisation qui intègre les hommes dans un schéma unique et bouscule les identités – elle nous montre à travers elle des individus comme soumis à des tensions permanentes, des éclats de vies privées compliquées, des instantanés de repli sur soi, de quête de soi, des arrêts sur image de sujets éclatés, sujets "perclus" de troubles identitaires, de « la fatigue d’être soi » comme dirait Alain Ehrenberg .

Mais le travail de Cindy Sherman va bien au-delà de ce que je viens d’en dire, je vous invite à visiter ces quelques sites :
Un site sur elle, non officiel ; un site sur sa bio, ses oeuvres, ses expositions ; un site de photographie où l'on décrit son travail ;

Cindy Sherman a même réalisé un film, Office Killer en 1996 et un court métrage De Bertrand Bonello, avec Asia Argento lui est consacré.

17:00 Écrit par Phil dans Photos/Dessins | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |  Imprimer | | |