Dans les Jardins de la Fontaine
Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

lundi, 07 avril 2008

La marque jaune

b612470462624dd5c96bdff0b86801b5.jpg

Promenade dominicale autour du château de Tornac, près d’Anduze.

Des pins, des arbres de Judée, des chênes verts, des arbousiers, du thym fleuri , de la bruyère sur les bancels dépierrés, des ruines envahies par la végétation, des rus chantant et les montagnes cévenoles à l’horizon.
L’appareil photo déclenche sans cesse, le ciel est bleu, limpide, un vrai festin d’images…

Et je me dis que c’est à ces marques jaunes qui balisent ce parcours magnifique que nous devons ce plaisir de la promenade.

Hommage soit donc rendu à ces Blake et Mortimer anonymes qui patiemment, consciencieusement, opiniâtrement ont peint ces jaunes pointilllés, pour que nous, randonneurs du dimanche, puissions nous prendre pour des aventuriers de terrae cognitae , emprunter sans sextant ni boussole ces sentiers peu battus…

Alors, de ma promenade enchantée, ce sont ces quelques images qu’ici je laisse à voir, comme une trace des traces jaunes et j’invite mes camarades photographes à constituer avec moi un vaste album des balisages des sentiers, PR, GE, GPR, nous leur devons bien ça…

355b40bd9ea3082b25421a21582597e3.jpg

5ea0660ead49d622a34259439d1d151d.jpg

94f1f4e9a2c05668bdbeb78f6374599d.jpg

1eb2e266b51759c45a72628a85198721.jpg

70de2c721c89f263b6205642484bd259.jpg

c8fc4f925ff76bea494b10bfb2fd8975.jpg

d2c20271455dbaab9e096daa588f131b.jpg

1751929806c43dde2bc9ba6a7266a7ed.jpg

90f0abc4f477685e5ca42c54fe2e425a.jpg

38b96f44ccc2894505c332d403bd3e89.jpg

5d6c4015a988447acdaff5e20028bd0f.jpg

01:20 Écrit par Phil dans Nature/Environnement | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Randonnées | |  Facebook | | | Pin it! |  Imprimer | | |

dimanche, 02 mars 2008

Alors, ce printemps, il vient ?

6d5996bc8d3acd9cc519beae30b18cba.jpg

A la font de Nimes
I’a un amelié
Que fai de flour blanco
Au mes de janvié

Bon, il y était l’amandier, en fleur aussi, pas vraiment en janvier, en février surtout… comme quoi, le réchauffement climatique était déjà en germe dans cette chanson que connaissent tous les Nîmois.

L’hiver s’épuise dans les Jardins. Les arbres nus dégagent encore la vue mais les pins, les cèdres, les oliviers, les chênes ont gardé leurs robes quatre saisons comme pour nous faire patienter en attendant la frondaison nouvelle …
Il y a des jours de grand soleil, de grand ciel bleu dans cet hiver peu hivernal. Les arbres dépouillés semblent alors anachroniques et l’on se dit qu’il est temps que le temps se mette au diapason méridional. D’autres jours nous remettent à l’heure d’hiver : le ciel est bas, la pluie froide glace les os, les Jardins sont désertés, mais cela ne dure pas. Il faut s’y faire, l’hiver ici reste étranger, il prend très mal l’accent nîmois.
Alors vite, dernières images d’une saison qui s’en va. Depuis trois ou quatre jours, déjà, aidés par le mistral, les amandiers s’ébrouent de leurs fleurs blanches et se parent de vert. Lorsque je reviendrai, bientôt, l’hiver sera vaincu et tout bourgeonnera. Dans les Jardins de la Fontaine, l’année commencera vraiment.

3a8f081b93b61bbdd17958a33905db06.jpg


ddbd281ad362d607b90f1abce47ec04e.jpg


e2caaea3ed60b35a5ea90315bc27e284.jpg


cd03c6e3ca924b61248fab3dd1adfe08.jpg


e2d3ef34d669b6e0366d95f421bd7528.jpg


2a6f78dc85ec708cc7b4c9e796de23a6.jpg


5235f66faf524e522d8c7d4a93275620.jpg


44ab8ee93b5cffcf94477619d412acc7.jpg


2ac1ac0204240cddc07df7073612922b.jpg


bdf13b4b398bfca37b7c13f005fcd524.jpg


31e26ed18ea34fa78e86ad12f030f435.jpg


6e6f541b7b4b0e183246d81ea28535d6.jpg


d822e67afb7457a9390e4a6f93f50301.jpg


29a517b240d1fb830b6927c64fc400c6.jpg


f3512be2aff5423e6a9d8feef090562d.jpg


495da7b09bdbcb78c04e150cdc5baa00.jpg


696b9bec8a9280e87a37707f4587a7f7.jpg

19:50 Écrit par Phil dans Nature/Environnement | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : La Fontaine, Nîmes | |  Facebook | | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 04 octobre 2007

Un certain 3 octobre 1988

medium_Inondations.jpg

Nous n’avons pas souffert lors des inondations du 3 octobre 1988.

Seul notre garage a été inondé. Il contenait hélas tous mes classeurs de négatifs, mes boîtes de diapositives, mes livres, mes revues et de très vieux appareils photographiques, tout cela entreposé dans des cartons, le temps d’installer une nouvelle bibliothèque et de bricoler des étagères…

Bien à l’abri dans notre appartement au cinquième étage d’un immeuble donnant sur le Cadereau, pardon, − l’avenue Georges Pompidou – ma femme, mes jeunes enfants et moi avons assisté en spectateurs incrédules à la violente et soudaine transformation notre avenue en lit de fleuve impétueux. Le débit fut, paraît-il, à l’égal de celui de la Seine à Paris…

Trois anecdotes me reviennent à l’esprit, qui me paraissent significatives :

À l’opposé de notre immeuble, sur notre gauche, nous avons vu un pauvre quidam qui s’était abrité à l’entrée d’une banque au rez-de-chaussée d’une maison, au « rez-de-fleuve » plus exactement…
L’homme qui s’était réfugié là était en grand danger d’être emporté par la violence des flots dont le niveau montait à vue d’œil. Nous avons appelé les pompiers qui étaient « débordés » si l’on peut dire… L’eau atteignait le rebord des vitrines de la banque et l’homme faisait de grands signes désespérés. Nous avons vu enfin quelqu’un sur le toit de la banque, progressant prudemment sur les tuiles, venant malgré les risques évidents se mettre à la verticale de l’homme et lui lancer une corde dont il se saisit alors que l’eau lui arrivait au haut des cuisses.
L’homme s’est sommairement harnaché avec la corde et celui qui était sur le toit hurlait des ordres que le grondement du Cadereau nous empêchait d’entendre. Il a fini par se lâcher car il n’avait pas d’autre solution, il a été happé par le « fleuve » mais nous avons vu la corde se tendre, et celui d’en haut a pu en la fixant à l’angle du toit le maintenir à flot jusqu’à ce que d’autres téméraires sauveteurs, plus à l’abri au coin de la façade d’un immeuble jouxtant la banque, le récupèrent et le dégagent enfin.
Il était sauvé ! Nous avons applaudi, nous avons crié de joie pour lui.
L’après midi, la décrue nous permettant de mettre le nez dehors, je suis allé au bord du Cadereau qui avait perdu comme par miracle une grande partie de ses eaux torrentielles du matin. J’ai entendu des badauds expliquer à d’autres la scène dont nous avions été témoins. J’ai tendu l’oreille, prêt à participer à cet échange, c’est fou ce qu’on avait besoin de parler après ces heures épouvantables.
« Et alors, le type, il s’est lâché, il a été pris par l’eau et la corde a cassé, il a disparu d’un coup, là, devant nous… »
Voilà, la rumeur nîmoise commençait à gangréner les esprits de tous ceux qui, comme traumatisés par l’ampleur du sinistre, n’admettaient pas qu’il y eût « si peu » de morts !

Le soir, l’eau s’était complètement retirée, restaient les plaies béantes du désastre, l’avenue défoncée, les autos encastrées, enchevêtrées, les bâtiments éventrés, la désolation partout. J’étais choqué, comme tout le monde ici, incrédule, abasourdi, désemparé. Je suis passé devant un camion de la Croix Rouge à l’arrêt, chargé de palettes d’eau minérale. Ça tombait bien, l’épicier miraculeusement peu touché était cependant dévalisé et attendait d’être livré. Avec le « déluge », plus d’eau, bien sûr ! Un secouriste m’a tendu deux bouteilles avec un sourire compatissant. J’ai pris les bouteilles et j’ai voulu payer. Refus catégorique ! J’ai alors pris conscience que j’étais pour lui ce qu’on appelle un sinistré, non plus un homme tout à fait normal, un quelconque client qui a des besoins à satisfaire, mais un sinistré, une authentique cible pour l'action humanitaire. Ma condition d’homme à travers son regard, son sourire et ce don venait de basculer !

Le lendemain, en « vrai » client, je suis allé chez mon épicier. Deux vieilles dames chargeaient du sucre, de la farine et de l’huile dans de grands cabas. Les rayons se vidaient à vue d’œil. J’ai souri en pensant qu’elles avaient certainement connu d’autres temps difficiles, les disettes, la privation, le marché noir peut-être... J’ai essayé de trouver un sens à cette insensée razzia. Mais lorsque je les ai entendues éructer, vomir leur bile et leur colère à propos du désastre qui nous accablait, je suis resté stupéfait, interdit, choqué. Me restent en mémoire ces bribes de leur fureur :
« − C’est le doigt de Dieu ! Tout ça, c’est le doigt de Dieu, je vous le dis, c’est le Doigt de Dieu !
− Oui, c’est les jeunes, c’est la faute des jeunes ! C’est la faute à la jeunesse ! Ça devait bien arriver ! »

Ces pauvres dames ne sont peut-être plus de ce monde aujourd’hui. La catastrophe qu’elles avaient vécue, une de plus pour elles, peut-être, avait quelque chose « d’extra-ordinaire », de « surnaturel » ; on a parlé de « déluge », «d’apocalypse », elles n’étaient alors − je le gage − pas les seules à « dé-raisonner » ainsi.
Je leur dédie bien volontiers, près de vingt ans plus tard, à elles et à tous ceux qui ont embouché ces trompettes fêlées, ces quelques propos sur la jeunesse, propos qui témoignent d’une très grande constance dans les jugements des hommes, à défaut d’une très grande intelligence :
Les jeunes d'aujourd'hui aiment le luxe, ils sont mal élevés, méprisent l'autorité, n'ont aucun respect pour leurs aînés et bavardent au lieu de travailler.
Socrate. 470-399 av. J-C
Notre monde a atteint un stade critique. Les enfants n'écoutent plus leurs parents. La fin du monde ne peut être très loin.
Prêtre égyptien. 2000 av. J-C
Cette jeunesse est pourrie depuis le fond du cœur. Les jeunes sont malfaisants et paresseux. Ils ne seront jamais comme la jeunesse d’autrefois. Ceux d'aujourd'hui ne seront pas capables de maintenir notre culture.
Inscription babylonienne.
Plus de 3000 av. J-C

Alors, en vérité, je vous le dis, si les jeunes d’aujourd’hui sont pires que ceux d’il y a cinq mille ans qui étaient déjà pires que leurs aînés, courons sans plus tarder faire provision de sucre, de farine, d’huile et bien sûr d’imperméables, de bottes et de parapluies !

medium_002.jpg


medium_004.jpg


medium_003.jpg

On distingue de loin la corde tendue, l'homme sur le toit et ceux qui attendent le "naufragé".

medium_Sauvetage_loupe.jpg

La même vue, agrandie.

medium_005.jpg


medium_006.jpg


medium_007.jpg


medium_008.jpg

C'est la tournée du docteur !

La première photo de cette note a déjà été publiée par le Midi-Libre, en poster, et exposée à Paris comme une des photos de l'année par le magazine Photo. C'était à la porte de Versailles, un salon qui allait par la suite se délocaliser pour devenir Visa pour l'image, à Perpignan. Celle du médecin a été également publiée par le Midi-Libre.

08:10 Écrit par Phil dans Nature/Environnement | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | Pin it! |  Imprimer | | |