Dans les Jardins de la Fontaine
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mardi, 11 novembre 2008

Le cahier d'Eugénie, post-scriptum

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Il y a un an, du 6 au 11 novembre 2007, j'ai publié le Cahier d'Eugénie, cahier d'une écolière trouvé dans un grenier et qui porte sur sa couverture la mention : Guerre 1914-19..

Ces notes sont souvent consultées et j'ai retrouvé mon "cahier" dans d'autres blogs, ce qui me ravit car, comme le disait Edouard Herriot, " Le vrai tombeau des morts, c'est le cœur des vivants " et Eugénie (que je n'ai pas connue) revit un peu ainsi, par la magie d'Internet.

Je laisse donc ce lien vers la note de l'annnée dernière, pour ceux qui, en ces temps de commémoration, voudraient y accéder facilement.

http://fontdenimes.midiblogs.com/archive/2007/11/index.html

22:05 Écrit par Phil dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : poilus, poèmes de guerre, 14-18 | |  Facebook | | | Pin it! |  Imprimer | | |

dimanche, 11 novembre 2007

Le cahier d'Eugénie, fin...

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La guerre, un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas. Paul Valéry


Quatre-vingts ans sont passés depuis qu'Eugénie a commencé son cahier de "poésies". On a du mal à s'imaginer les écoliers d'antan récitant à voix haute après "le chêne et le roseau", "Tu veux savoir, enfant ce qu'est ce monstre, un boche...". Pour faire court et cynique, je dirai que c'était là une étrange méthode "d'ensaignement".
En ce jour de commémoration d'armistice, voici enfin un poème émouvant, à lire à haute voix, avec une pensée pour tous ces enfants de France, d'Allemagne et de tous les pays qui ont pris part à cet horrible conflit et qui sont morts je ne sais pas vraiment pourquoi.
Si vous connaissez Paul Manivet, l'auteur du poème, si vous savez de quel recueil ces vers sont issus, merci de me le dire, j'aimerais bien en savoir plus sur celui qui a su avec autant de douceur mettre des mots sur ces heures si sombres.

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La lettre

C’est l’heure du courrier et de la nostalgie :
Le soir, dans le passé, l’homme se réfugie,
Le canon se repose et la haine s’endort,
Après l’orage on songe à la douceur du port.
Chacun attend le pli magique qui renferme
Un peu de l’air natal qu’on respire en sa ferme.
Pour tous, le vaguemestre incarne le pays ;
Il avance. On accourt, mais que d’espoirs trahis !
Il ne sort de son sac qu’une lettre, une seule,
C’est à son petit fils que répond une aïeule
Et le destinataire, heureux, la prend confus
De son bonheur devant ses compagnons déçus,
L’écarte et loin des yeux jaloux la décachette,
Afin de mieux jouir de sa joie en cachette.
« Allons, dit un loustic, lis tout haut : un moment
Nous aurons le même âtre et la même maman. »
Et la vieille en sa tendre et naïve écriture
Dit le foyer désert, et le champ sans culture ;
La guerre meurtrière est rude aux paysans ;
Sa santé résistant encore au poids des ans,
Et qu’elle se résigne à vivre en solitaire
En songeant que son gars, là-haut, défend sa terre,
Qu’il n’écrit point assez, que quelques mots de lui,
C’est comme si soudain le soleil avait lui
Elle ajoute qu’Alice, hélas moins éveillée
Vient chaque soir passer près d’elle la veillée,
Mais qu’il faut préférer aux amours le devoir
Et la gloire de vaincre au plaisir de se voir.
Les troupiers attendris, oubliant l’heure amère,
Croient revoir leur maison, croient entendre leur mère,
Et cette lettre au ton qui convient, triste et doux,
Adressée à l’un d’eux semble écrite pour tous.

Paul Manivet

02:40 Écrit par Phil dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | Pin it! |  Imprimer | | |

samedi, 10 novembre 2007

Le cahier d'Eugénie 3

" Honneur à la France "

C'est le titre d'un des poèmes extraits du cahier d'Eugénie. L'auteur n'est pas mentionné,
si vous le connaissez, merci de me le dire...

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Honneur à la France

Brillant comme une aurore
De gloire et de grandeur
Il est un nom sonore
Qu’on chante avec ardeur
Il parle d’espérance aux peuples asservis
Honneur au nom de France
Et gloire à mon pays
(bis)


Riant trésor de gerbes
De fleurs et de Buissons
Il est des champs superbes
Qui dorent les moissons
Ils offrent l’abondance
Aux peuples appauvris
Honneur aux champs de France
Et gloire à mon pays
(bis)


Il est un peuple affable
Et brave et généreux
Son âme secourable
Se donne aux malheureux
Les pleurs et la souffrance
Sans terme sont taris
Honneur aux cœurs de France
Et gloire à mon pays
(bis)


Appel à la vaillance
Écho de notre cœur
Un hymne à la puissance
L’entraîne à la splendeur
Il veut l’indépendance
Des peuples asservis
Honneur au chant de France
Et gloire à mon pays
(bis)



Je vous présente aussi " Un champ de bataille", poème d'André Lemoyne (1822 - 1907) qui est (pas le poème, l'auteur) m'apprend Wikipédia, cité par Rimbaud dans sa Lettre du Voyant, à Paul Demeny, 15 mai 1871.

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Un champ de bataille

Les braves dorment bien dans cette immense plaine
Pas de saules pleureurs, pas de tristes cyprès
Ce n’est qu’un terrain vague où vient la marjolaine
La bruyère et l’ajonc. Mais là, cent ans après,
Filant à pas songeurs leurs quenouilles de laine,
Les filles du pays, d’un long regard pieux
Salueront le champ calme où dorment les aïeux
Et diront : « Par milliers, dans ce grand cimetière
Pâtres et laboureurs, sans linceul et sans bière,
Tous frappés par devant se couchèrent un soir…
Ils avaient accompli maintenant leur devoir »

André Lemoyne

13:05 Écrit par Phil dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | Pin it! |  Imprimer | | |