Dans les Jardins de la Fontaine
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dimanche, 04 novembre 2012

La mort vous fait un signe

Paris, Toussaint, mort, Baudelaire, Cimetière Montparnasse, ardins du Luxembourg

Promenades parisiennes entre deux conférences sur « Ce que peut une image », à l’école des Hautes Études en Sciences Sociales, boulevard Raspail. Trois intervenants le matin, une pause à treize heures et trois autres conférenciers l’après-midi, sur deux journées avant la Toussaint… mortel !

Dans les Jardins du Luxembourg, tout près, je croise la statue de Baudelaire, définitivement perdu dans ses pensées. Par hasard, le lendemain même heure, entre deux autres conférences, flânant dans le cimetière Montparnasse pas très loin non plus de l’EHESS, je tombe sur la tombe… de Charles Baudelaire, coincé entre sa mère et son beau-père. Sur la plaque funéraire c’est le beau-père qui tient la vedette avec ses médailles et le rappel de ses hautes fonctions auprès desquelles les quelques vers du beau-fiston ne faisaient pas le poids. Les vers, les autres, les auront à coup sûr traités avec le même égard…

Plus tard, dans Paris, j’entre, curieux, dans une église de Montmartre et j’y capture un étrange cavalier de la mort. J’avais déjà, sur une berge du canal Saint Martin, photographié un graph orné d’une tête de mort. J’avais aussi croisé toute une meute d’enfants qui hurlaient « des bonbons ! » déguisés en zombies, en sorcières diaboliques, en morts vivants, avec des masques de Scream. Halloween, fête des morts, c’est décidément la Camarde qui rôde près de moi… et pour finir, sur un grand boulevard, ce motard qui parade et pétarade, vêtu lui aussi comme un cavalier de la mort. Mais il m’adresse un doigt d’honneur que je prends comme un bon signe : tout va bien, la grande faucheuse t’envoie paître, et les beaux vers de Baudelaire qui me reviennent par bribes peuvent rester longtemps coincés dans leurs feuillets.

Ô Mort, vieux capitaine, il est temps ! levons l'ancre !
Ce pays nous ennuie, ô Mort ! Appareillons !
Si le ciel et la mer sont noirs comme de l'encre,
Nos cœurs que tu connais sont remplis de rayons !

Verse-nous ton poison pour qu'il nous réconforte !
Nous voulons, tant ce feu nous brûle le cerveau,
Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu'importe ?
Au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau !

Paris, Toussaint, mort, Baudelaire, Cimetière Montparnasse, ardins du Luxembourg

Paris, Toussaint, mort, Baudelaire, Cimetière Montparnasse, Jardins du Luxembourg

Paris, Toussaint, mort, Baudelaire, Cimetière Montparnasse, Jardins du Luxembourg

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19:20 Écrit par Phil dans Images, Loisirs/Culture, Photos/Dessins, Voyage/Tourisme | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | Pin it! |  Imprimer | | |

Commentaires

L'analogie entre le motard et le cavalier du vitrail est frappante !

Écrit par : Tilia | lundi, 05 novembre 2012

Bonjour Tilla,

Merci pour cette visite et pour ce commentaire.
Je n'ai pas su écrire un commentaire sur ton blog... désolé !
Je voulais te dire que les peintres dont tu montres quelques œuvres sont de la même époque qu'un peintre que j'aime beaucoup, peu connu en France et dont j'ai parlé il y quelques temps ici : http://fontdenimes.midiblogs.com/archive/2012/01/09/ramon-casas.html
Ramon Casas, puisque c'est lui dont je parle a rencontré Paul Ranson à Paris, j'avais lu cela quelque part sur le web. Le style n'est pas le même mais il y a quelque chose qui renvoie à la même époque, c'est sûr.
Bonne continuation. Et j'ai hâte d'avoir la réponse à l'énigme de la Vanité aux souris...

Écrit par : Philippe Ibars | mercredi, 07 novembre 2012

Merci pour le lien vers ton article super intéressant sur Ramon Casas.
Amusante coïncidence pour moi que ton évocation d'une relation (que j'ignorais) entre Ramon Casas et Paul Ranson, car j'ai dernièrement découvert un tableau qui m'a tout de suite fait penser au célèbre "Ramon Casas et Pere Romeu sur un tandem". C'est une peinture de Georges Lacombe qui le représente pédalant de concert avec son ami Paul Ranson : http://www.the-athenaeum.org/art/detail.php?ID=66683
La relation entre Paul Ranson et Ramon Casas s'est sans doute faite par l'intermédiaire d'un autre peintre catalan Josep Maria Sert qui (d'après l'article de Wikipédia en anglais) fréquenta un temps les Nabis.
La réponse à l'énigme de la "Vanité aux souris" est en ligne :-)

Écrit par : Tilia | jeudi, 08 novembre 2012

Bonjour Tilla,

Je voyais une optique mais j'étais loin du microscope ! C'est un instrument qui m'est étranger il est vrai.
Bravo pour l'enquête.
Casas était l'ami d'Utrillo, à Paris. Le père d'Utrillo est de Barcelone, comme Casas et Maurice Utrillo est le fruit de ses amours passagères avec Suzane Valadon... on n'est plus très loin des Nabis... bon, c'est du roman, non ?

Écrit par : Philippe Ibars | vendredi, 09 novembre 2012

Les commentaires sont fermés.