Dans les Jardins de la Fontaine
Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

jeudi, 21 janvier 2010

Fenêtres suédoises

 

Philippe Ibars Stockholm DSC_4931.jpg

J'avais écrit cette note le 20/06/2007, en lien avec mon diaporama sur les portes, les fenêtres et les façades (voir ci-contre) :

« Comme beaucoup de photographes j'aime les portes, les fenêtres, les façades des maisons. Elles en sont d'humaines métaphores, tout ou partie de leur visage discret ou lourdement fardé. Elles appartiennent au monde de l'entre-deux, donnent à voir à ceux du dehors ce que ceux du dedans veulent bien laisser paraître. Elles disent en filigrane l'ordre, la rigueur, le soin, la poésie, la fantaisie, la fierté, la vanité, la naïveté, le bon, le mauvais goût.
Vieilles, très vieilles portes ouvertes et fermées mille fois puis fermées à jamais, blessées de clous rouillés, de gongs cassés ou déchaussés, de serrures inutiles, de heurtoirs sclérosés, de poignées arrachées, de chatières grossières, je vous ai vues en sépia il y a longtemps, dans les Cévennes. C'est vous, je crois, qui m'avez fait aimer tous ces paravents de l'intime.
J'ai photographié, depuis, beaucoup de portes, beaucoup de fenêtres, de façades de toutes sortes car j'aime imaginer - ou vous laisser le faire - l'invisible théâtre qui se joue de l'autre côté de ce qui est donné à voir. Devant ces portes closes, ces carreaux sombres, ces murs impénétrables, nous ne sommes en fait que d'aveugles voyeurs et notre fantaisie sert de prothèse à nos yeux impuissants. Nous échafaudons d'improbables histoires, nous composons des familles, nous écrivons des sagas, nous tricotons du bonheur comme nous aimerions en vivre.
Et puis, parfois, la porte s'ouvre, la fenêtre s'entrebâille, le dedans se trahit. Alors nous détournons la tête. C'était plus vrai dans notre histoire. »

Je ne retranche rien à ce texte plus de deux ans après. Cependant, le détour récent par Stockholm m'oblige à compléter ces remarques.

Dans les pays du Nord de l'Europe, ceux marqués par le calvinisme (pour simplifier un peu), l'absence fréquente de rideaux ou de volets est pour nous, gens du Sud, remarquable.

Le passant n'a pas à « imaginer », comme je l'écrivais, ce qui se passe à l'intérieur : l'intérieur est pour lui mis en scène.

Cette mise en scène de l'intime a certainement plusieurs explications qui peuvent se compléter : trop peu de soleil, trop peu de jour, en gaspiller le moindre lux est un luxe coûteux... faire à ceux du dehors que la nuit surprend tôt l'aumône d'un peu de lumière... montrer qu'on n'a rien à cacher, que nul péché ne vient souiller la demeure d'une honnête famille... montrer, étaler tout ce que le travail - pour la gloire de dieu - accorde à ceux qui l'érigent en valeur des valeurs...

À Noël, chandeliers aux branches étagées, étoiles de l'Avent pavoisent ces fenêtres et leur donnent un sourire qui réchauffe le cœur des passants que le froid mortifie.

J'aime ces fenêtres du Nord, après tout, elles ne différent des nôtres que par ces rideaux ou ces volets qu'on ferme ou pas, mais ces volets ou ces rideaux fermés ou pas nous disent que partout dans le monde chacun voit le monde à sa manière, chacun voit midi à sa... porte.

Philippe IBARS Stockholm DSC_3852.jpg
Philippe ibars Stockholm DSC_5196.jpg
Philippe Ibars Stockholm DSC_5278.jpg
Philippe Ibars Stockholm DSC_4903.jpg
Philippe Ibars Stockholm DSC_4134.jpg
Philippe Ibars Stockholm DSC_4898.jpg
Philippe Ibars stockholm.150110.jpg
Philippe Ibars Sotckholm DSC_4824.jpg
Philippe Ibars Stockholm DSC_5275.jpg
Philippe Ibars Stockholm DSC_5213.jpg
Philippe Ibars Stockholm DSC_4153.jpg
Philippe ibars Stockholm DSC _4420a.jpg
Philippe Ibars Sotckholm DSC_4488.jpg
Philippe Ibars Stockholm DSC_4143.jpg
Philippe Ibars Stockholm DSC_4896.jpg
Philippe Ibars Stockholm DSC_4034.jpg
Philippe Ibars Stockholm DSC_4460.jpg
Philippe Ibars Stockholm DSC_4945.jpg
Philippe Ibars Stockholm DSC_5193.jpg
Philippe Ibars Stockholm DSC_4913.jpg
Philippe Ibars Stockholm DSC_4911.jpg
Philippe Ibars Stockholm DSC_4907.jpg
Philippe Ibars Stockholm DSC_5218.jpg
Philippe Ibars Stockholm DSC_5277.jpg


00:08 Écrit par Phil dans Photos/Dessins | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : fenêtres, suède, stockholm, nord, cavinistes | |  Facebook | | | Pin it! |  Imprimer | | |

Commentaires

Midi a, sa porte, minuit sa fenêtre,
du plein et du vide,
la lumière brille dans les ténèbres.

Écrit par : michel, à franquevaux. | jeudi, 21 janvier 2010

Le long de la Volga également les maisons de bois ont rarement des rideaux, mais surtout jamais de volets ; à notre remarque, il nous a été répondu qu'une maison aux volets fermés serait comme morte, tout comme on ferme les paupières à une personne décédée ......

Écrit par : Marie de Savoie | jeudi, 21 janvier 2010

Remarquable série de ces yeux de maisons. J'aime particulièrement celle de la cabane, et cette autre (d'une cabane aussi ?) aux chandelles de glace. Quant à la boutique de plaques de portes, c'est la caverne d'Ali Baba ! devait y avoir là de vrais petits trésors !
@+ michelle

Écrit par : michelle | vendredi, 22 janvier 2010

Et les allumettes ?

Écrit par : amira | vendredi, 22 janvier 2010

Belle ouverture sur le monde intérieur.

Écrit par : Bernard | mercredi, 03 février 2010

Les commentaires sont fermés.