Dans les Jardins de la Fontaine
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mercredi, 12 août 2009

Heureuses mouettes

Mouette au couchant.jpg

Il m’arrive, à la mer, de passer de longs moments à contempler le vol des mouettes ou des goélands. J’envie ces oiseaux familiers et sauvages, et pour avoir quelques fois volé en parapente, j’apprécie leur manière d’évoluer, en spécialistes de l’aérologie, le long des routes invisibles que le ciel leur déroule.

Pour casser un peu l’image poétique, on me rétorquera que point n’est besoin de contempler depuis un lamartinien rocher battu par la houle ces charognards laridés, il suffit d’aller moins loin, à la décharge municipale, retrouver mouettes et goélands planant, dessinant moult 360 degrés et pleurant bruyamment au-dessus des rebuts de notre surconsommation.

Certes… mais la carte postale est plus belle à la mer et passer ses vacances sur un dépotoir n’est pas encore à l’ordre de mes jours…

Oubliez qu’ils sont détritivores, pillards et charognards, admirez leur vol : ils enroulent majestueusement les thermiques, prennent en douceur de la hauteur et tout en finesse se laissent longuement glisser dans les airs. Et recommencent. Seule la tête bouge, à l’affût d’une « proie », le corps reste immobile, les ailes déployées. C’est avec grâce et précision qu’ils amorcent une approche, enchaînent quelques virages, se posent en bons pilotes, face au vent, sur la plage ou sur l’eau.

Comment ne pas les envier ? Comment ne pas avoir envie que nous poussent des ailes pour nous ébattre dans les nues en riant du bon tour joué à Isaac Newton ?
Ah ! Si j’étais un goéland… Mais non, à bien les regarder, je ne les envie pas complètement. Voler en tant qu’homme me rendrait heureux, certes, mais aurais-je la conscience de cette félicité, goéland devenu ? Non, bien sûr. D’ailleurs, la preuve est manifeste qu’ils ne connaissent pas leur bonheur de voler : avez-vous vu un goéland s’amuser à exécuter des loopings ? Non. Alors, à quoi ça leur sert de savoir parfaitement voler s’il n’y a rien de ludique dans cette activité ? Quel gâchis ! Rendez les ailes ! L’homme volant, comme dans toutes ses activités sportives, recherche rapidement le plaisir, la griserie, le jeu, les sensations fortes. Le mot « sport » par lui-même est éclairant : il nous vient, par l'anglais, de l’ancien français desport. Se desporter, se divertir, c’est en quelque sorte quitter sa route bien tracée. C’est bien cela qui nous distingue des animaux : le pas de côté. Mon goéland trace parfaitement sa route dans les airs, mais pas plus.

S’il vous plaît, Monsieur le Goéland, dessine-moi un looping…

L'aile frôle.jpg
Le retour des pêcheurs.jpg
La curée.jpg
Les ailes basses.jpg
020. DSC_9409.jpg
Mouette vigie.jpg
seule au monde.jpg
Noirmoutier .jpg
nuage gris copie.jpg
021. DSC_9456.jpg
022. DSC_9467.jpg

Vol d'une aile.jpg
Portrait de la mouette.jpg

12:35 Écrit par Phil dans Photos/Dessins | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : mouettes, goélands, oiseaux, mer, voler, looping | |  Facebook | | | Pin it! |  Imprimer | | |

Commentaires

Reine des mouettes, mon orpheline
Je t'ai vue rose, je m'en souviens
Sous les brumes mousselines
De ton deuil ancien
Rose d'aimer le baiser qui chagrine

Tu te laissais accorder à mes mains
Sous les brumes mousselines
Voiles de nos liens
Rougis, rougis mon baiser te devine
Mouette prise aux noeuds des grands chemins

Reine des mouettes, mon orpheline
Tu étais rose,
accordée à mes mains
Rose sous les mousselines
Et je m'en souviens.

Louise de Vilmorin (1902-1969)

Écrit par : michel, à franquevaux. | dimanche, 16 août 2009

Sagesse en tes mots.
Je pense à avant-hier où fascinée je regardais voler un couple en pleine mer... battements d'ailes puis vol en plané... tous deux dans un parfait accord... ça me laissait rêveuse... battements... plané... battements... plané... dans les courants ascensionnels...

Écrit par : soleildebrousse | dimanche, 16 août 2009

Très beaux commentaires, très stimulants, merci pour ces "courants ascensionnels"...

Écrit par : Philippe Ibars | lundi, 17 août 2009

Cela me rappelle le fameux film :"Johnatan Livingston, the Seagul" et la magnifique musique qui l'acompagnait...
Planer, voler, fendre les nuages... un reve 1968 !
Dimanche dernier, les tomates étaient-elles belles ?

Écrit par : Lecabour | mardi, 18 août 2009

Les commentaires sont fermés.