Dans les Jardins de la Fontaine
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jeudi, 14 août 2008

Tango

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À Nîmes, le jeudi, c’est tango.

Il y a bal sur la superbe place du Chapitre récemment dégagée, réaménagée et dotée d’une fontaine cascadant sur trois niveaux. On y danse le tango argentin au son d’un moderne pick-up numérique. La place est belle sous les étoiles, l’air est doux, des chaises longues bordent la piste, des lés de tissus rayés de bleu flottent comme des voiles ou du linge étendu dans les venelles de Venise.

La musique est agréable car le tango s’écoute autant qu’il se danse. Mais ici point d’orchestre, la musique sortie d’un ordinateur branché sur des haut-parleurs s’adresse aux pieds avant tout. Les couples qui virevoltent sur la piste sont en majorité de bons voire de très bons danseurs.

Curieuse danse que le tango, qui a si bien résisté au temps. Il est passé du bordel au salon, des lupanars de Buenos-Aires aux parquets bien cirés des clubs de danse sociale. Qui se souvient que le tango a de son temps scandalisé les bonnes consciences bourgeoises et subi les foudres de l’église ? On peut sourire aussi lorsqu’on voit des femmes danser entre elles — jamais des hommes maintenant — alors qu’à l’origine cette danse machiste était surtout exécutée par des « hombres » !

Pour clore cette note dansante, je ne résiste pas au plaisir de citer quelques lignes du livre d’Antoine Prost, Histoire de la vie privée, paru au Seuil dans les années 80, qui analyse les trois âges successifs de la danse :

« L'évolution de la danse traduit bien cette nouveauté. Assurément, la danse implique toujours des partenaires, et la sensualité y est toujours présente de façon plus ou moins discrète. Mais les danses du début du siècle, la valse, le quadrille constituaient des rites sociaux complexes : danser, c'était exposer sa maîtrise de ces codes. Après la guerre de 1914, la danse lie les couples, et les moralistes dénoncent la lascivité du tango. Après la Seconde Guerre mondiale, le jazz qui, avec le charleston, n'avait touché jusque-là que des minorités, soutient de ses rythmes des danses populaires, boogie-woogie, be-bop, etc. Ce sont toujours des couples qui dansent mais ils s'écartent, se rapprochent, s'écartent encore. Le plaisir d'éprouver sa propre force, sa souplesse au gré des passes en accord avec un rythme, accompagne celui, plus sensuel, du partenaire que les slows donnent l'occasion d'étreindre sans les règles de figures et de pas du tango. Avec le jerk et le disco, voici que l'on danse seul, éventuellement sans partenaire. Au rite social a succédé un rite du couple, puis un rite du corps individuel. La maîtrise des usages, l'accord avec un partenaire, la célébration du corps : la danse a connu trois âges successifs.[…] »
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16:15 Écrit par Phil dans Loisirs/Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Tango, danse, Place du Chapitre, Jeudis de Nîmes | |  Facebook | | | Pin it! |  Imprimer | | |

vendredi, 01 août 2008

Métro

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La vie fourmille davantage sous la surface du sol qu'au-dessus, dit-on. Je veux bien le croire. Les taupes, les marmottes, quantité de vers et d’insectes de toutes sortes logent sous le plancher des vaches et s’y trouvent très bien. Mais depuis la moitié du dix-neuvième siècle environ, l’homme — londonien d’abord puis parisien — a aussi investi cet espace souterrain pour y vivre, pour y circuler et plus seulement pour y reposer d’un éternel sommeil.

Le métro n’est pas pour moi qu’un moyen pratique et rapide pour se déplacer en ville, c’est un lieu à part entière, un lieu de vie, vie de l’entre deux, forcément. Les gens qu’on y croise transitent entre deux univers, vie privée, vie sociale, entre deux stations car les lignes ne sont jamais bien sûr directes, métaphores de nos destinées… Gens pressés, la tête ailleurs, absente, projetée dans le monde vers lequel ils hâtent le pas, leur vrai monde.
Au début on les regarde, comme un entomologiste examinerait sous sa loupe son beau spécimen d’unicellulaire protozoaire… et puis, contaminé par l’ambiance suburbaine, nous voici à notre tour sous la loupe, nous trottinons entre deux stations, nous marchons au lieu de stationner sur les longs tapis roulants ou sur les escalators, nous concentrons notre regard sur les sorties, les noms, les numéros des lignes, à l’affût de la correspondance ; l’essentiel de la vie nous échappe, nous sommes désormais en transit, comme les autres, et le métro a repris sa fonction première qui est de faire de nous de parfaits métropolitains
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00:10 Écrit par Phil dans Voyage/Tourisme | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Métro, métropolitain | |  Facebook | | | Pin it! |  Imprimer | | |