Dans les Jardins de la Fontaine
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vendredi, 06 juillet 2007

La Maison Carrée

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Elle n’est pas carrée. Elle n’est pas vraiment une maison. Si maison elle fut, ce fut en quelque sorte et de prime une maison de la jeunesse, vouée en fait à deux ados, Caius et Lucius, les rejetons d’Auguste.
Ce temple païen a servi plus ou moins de Capitole, de mosquée, d’écurie, d’église, d’entrepôt de vivres, a failli servir de tombeau. Son histoire très mouvementée nous montre surtout le peu de cas que les Nîmois ont fait par le passé de ce magnifique édifice, à tel point qu’ils en reçurent une engueulade mémorable de la part de François Ier et que Colbert, plus tard, forma le vœux – non exaucé, vous l’auriez deviné – qu’elle fût démontée pierre par pierre et reconstruite à Paris …
Elle est à Nîmes, bien à Nîmes, cette Maison Carrée, elle est sur mon chemin quotidien et je me dis que je suis mieux loti que d’autres qui par exemple voient derrière les vitres embuées de leur RER bondé d’autres espèces de maisons, bien plus hautes, bien plus nombreuses, bien plus habitées et cependant bien plus inhospitalières.
Est-elle belle ?
Nous ne la voyons pas vraiment comme les Nîmois du premier siècle l’ont vue. Elle était au centre d’un ensemble plus vaste, le forum, riche de galeries, de colonnes, de statues, de parements de marbres colorés, elle était blanche de ses parpaings de calcaire extraits dans de proches carrières, le même blanc sans doute, que sa façade sud a retrouvé il y a peu, après restauration, et qui nous surprend, habitués que nous sommes à la patine qu’on pense originelle des pierres bimillénaires.
Elle est là, imposante et fragile, témoin de son époque et des siècles en allés, toujours debout malgré les avatars, au centre d’un nouveau forum, en face d’une autre maison, de la culture celle-là, dont les fluettes colonnes de métal sont un lointain hommage à l’élégance antique. La vie est revenue dans cette agora, beaucoup de jeunes, de Juventes, de Princes de la Jeunesse comme on pouvait le lire sur la dédicace du frontispice. Ils tanguent acrobatiquement sur des skates, des rollers ou des vélos BMX, ils lézardent sur l’étroite bande du podium qui supporte le temple « pseudodiptère » – comme disent les spécialistes –, les pieds dans le vide, bouteilles ou canettes à la main, ils sont assis sur les gradins du parvis de la médiathèque et refont le monde ou hurlent dans leurs portables qu’ils sont là où ils sont, ils prennent l’air et des cafés sous les grands parasols de toile écrue. Les touristes sont là, aussi, qui se photographient à la va-vite devant le monument et sont les seuls à y entrer pour voir… voir quoi au fait ? Les Nîmois l’ignorent. Leur Maison Carrée est un écrin sans bijou, un contenant sans contenu, un extérieur sans intérieur. On discute, on flâne, on glande, on boit, on fume, on mange, on danse, on chante, on joue, on manifeste autour, que demander de plus ? Elle est un élément de la culture urbaine, elle tisse à elle seule sa grande pelote de lien social, elle n’est pas une ruine, en un mot, elle est le vrai cœur battant de la ville. C’est juré, on ne la démontera pas, pierre après pierre, pour la fourguer aux Parisiens.

00:35 Écrit par Phil dans Voyage/Tourisme | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | | Pin it! |  Imprimer | | |

Commentaires

Midi Libre et le Comité régional du tourisme organisent un concours photo sur le thème de la montagne. Vous pouvez voir les photos déjà déposées et déposer les votres à cette adresse:
http://www.guidesdumidi.com/concours_2007_montagne/photo_valid

Écrit par : midilibre | vendredi, 06 juillet 2007

Il est sur que sans la maison Carrée Nîmes ne tournerait plus rond !

Écrit par : ulysse | vendredi, 06 juillet 2007

Chanson éternelle.

Quand le souffle du premier matin retourne,
doucement, dans un clair intérieur, j’écoute
une pensée, le repos de le vent et une sort de
jeunesse qui rappelle la musique comme une
tendre lumière sur le chant de la vie: et j’écoute
l’harmonie, la nouvelle émotion qui reflète un
douleur, la fugitive neige.

Francesco Sinibaldi

Écrit par : Francesco Sinibaldi | samedi, 07 juillet 2007

France, ce soir.

Quand le port
du matin allume
la chandelle et la
sort de la vie,
et comme le rayon
qui rappelle l'harmonie,
un tendre chemin
corrige, en silence,
la voix de la naturelle
neige, écoutant
une poésie, comme
le mai qui ranime.

Francesco Sinibaldi

Écrit par : Francesco Sinibaldi | mercredi, 11 juillet 2007

Lire encore et encore des histoires de Maison Carrée dans une maison à cour carrée...assise près de la fenêtre, regarder passer les vélos, les motocyclettes et de drôles d'autos, en rêvant de ces ganivelles comme d'étonnantes et vertébrales colonnes qui relieraient les mondes...de l'intime et de l'universel...quelque part depuis l'empire du milieu vers le sud racine.

Écrit par : piwoni | lundi, 16 juillet 2007

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