lundi, 08 mars 2010

Nîmes engourdie

 

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Il y a deux ans la Nasa avait découvert qu'il avait neigé sur Mars...

À Nîmes, nul besoin d'être calé en sciences ou d'envoyer des sondes coûteuses pour constater qu'il a neigé en mars...

Cela a commencé hier après-midi, timidement, et puis la neige s'est installée, sans aucune considération pour le calendrier.

Alors ce matin la ville est engourdie, paralysée, incrédule.

En voici quelques images toutes « fraîches », prises le long d'un parcours routinier mais dans un cadre très inhabituel...

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dimanche, 28 février 2010

Retour sur graphs

 

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J'ai publié il y a deux ans exactement sur ce blog une note et un diaporama sur les graphs qui ont fleuri sur et dans de vastes bâtiments abandonnés, voués à la démolition en attendant la construction du futur hôpital du Grau-du-Roi.

Cette note avait suscité quelques commentaires peu amènes à l'encontre du Midi-Libre qui s'en était fait l'écho, venant de personnes qui avaient cru comprendre qu'on faisait ainsi l'apologie de voyous vandalisant des immeubles au mépris de leurs propriétaires, victimes spoliées.

Mon propos n'était pas de juger mais de rendre compte d'une activité qui ne faisait de tort à personne puisque les lieux ainsi graphés devaient être démolis. De plus, il était intéressant de montrer comment ce qui d'ordinaire appartient à l'univers de la trans-culture urbaine pouvait migrer aussi au royaume des dunes, des ganivelles et des pins maritimes.

Nos grapheurs devenaient en quelque sorte des « artistes » en résidence d'été...

Je ne jugeais pas non plus de la qualité de ces graphs, je les montrais de mon point de vue de photographe, tout à fait subjectivement bien sûr, mais c'est aussi cela qui était (et qui le reste) intéressant.

Je suis retourné sur les lieux du « crime ».

Beaucoup de graphs que j'avais photographiés ont disparu, recouverts par d'autres, dont certains sont eux mêmes tout près d'être revisités. De nouveaux pseudos apparaissent, des tags sont jetés à la va-vite sur tous les murs, l'impression est celle d'une certaine lassitude, comme si le lieu inspirait moins, la fin devenant proche.

Alors, avant que cet étrange univers ne soit définitivement confié aux pinces, aux broyeurs, aux grappins, aux bulldozers, aux pelleteuses des démolisseurs et que de nouveaux bâtiments modernes et fonctionnels comme il se doit n'occupent l'espace, voici à nouveau quelques images témoignage d'une énorme pulsion quelque peu anarchique et dionysiaque, que d'aucuns pourraient trouver destructrice et qui est à mes yeux avant tout créatrice.

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lundi, 08 février 2010

Il faut sauver l'Amour !

 

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Il y a dans les Jardins de la Fontaine une jolie statue que d'aucuns trouveront peut-être apprêtée, désuète, datée, mais qui pour moi est gracieuse, charmante, voire émouvante. Elle a pour nom « vers l'Amour » et porte cette signature J. Escoula, 1901.

Jean Escoula (1851-1911), me lâche mon ami « Gougueul » après moult recherches, était un sculpteur qui travailla comme praticien pour deux des plus grands sculpteurs du XIXe siècle, Jean-Baptiste Carpeaux et Auguste Rodin, tout en menant sa propre carrière. On lui doit de belles œuvres comme la douleur, qu'on peut voir au Musée d'Orsay, des bustes de marbre ou de bronze, les Danaïdes, œuvre sculptée pour Rodin, la Mort de Procis, visible au Château de Rambouillet, la Peine ou le Printemps, etc.

La statue nîmoise Vers l'amour fut exposée au salon de 1901. J'ai retrouvé une photo d'époque du catalogue, elle en dit long sur les injures que le temps ou le mépris ont fait à cette œuvre négligée...

Voici un extrait de la notice concernant cette œuvre, consultable dans le site du Patrimoine de France :

« (...) Historique : Groupe attribué en dépôt par l'état contre remboursement des frais d'emballage et de transport ; un courrier du 4 janvier 1904 du ministère de l'instruction publique et des beaux-arts expliquait que "Escoula a préparé un projet de décoration dans lequel ce groupe figurerait à la place principale, projet qui doit être soumis à la ville de Paris, mais si l'exécution en était décidée, elle exigerait une dizaine d'années".
Date protection : œuvre non protégée MH
Statut juridique : propriété publique (...) »

Dans son site exhaustif et précieux consacré à Nîmes, Georges Mathon précise :

« (...) - L'État ayant accordé, en 1904, le groupe en marbre « Vers l'Amour » du sculpteur Jean Escoula (1851-1911) à la ville de Nîmes pour la décoration de la promenade de la Fontaine, la Municipalité étudie l'emplacement idéal.

Le 9 décembre, une discussion s'engage, la Commission des Travaux publics et la Commission des Beaux Arts sont d'accord pour l'installer au centre de l'espace libre situé à l'Est de la grande Allée. M. Maruéjol (Conseiller Municipal), trouvant ce monument délicat et mièvre, quoique joli, le verrait plutôt dans la verdure, dans un bosquet, de préférence vers la source, il ajoute : « la où les commissions voudraient le placer il serait trop loin des regards (à l'époque la pelouse était interdite au public) et en quelque sorte noyé par le soleil. » M. le Maire, Gaston Crouzet, signale que les Commissions ayant prévu de mettre la statue sur un socle provisoire, une fois l'installation faite le Conseil pourra se rendre compte si l'emplacement est bon. Cette statue est actuellement à l'emplacement proposé par les commissions, c'est-à-dire, au centre de la pelouse située à droite de l'allée centrale. »

Si l'on résume, le groupe (appellation officielle) « Vers l'amour » est une véritable œuvre d'art taillée et sculptée dans le marbre par un artiste incontesté, Jean Escoula. Cette œuvre a été placée au centre d'une pelouse (alors interdite) des Jardins de la Fontaine car les édiles de l'époque ont ainsi préféré l'éloigner des regards trop curieux...

Les temps ont changé : aujourd'hui les pelouses des Jardins de la Fontaine sont un espace très agréable, banalisé, dont les nîmois toujours plus nombreux profitent pleinement.

La donne n'est donc plus la même. La statue est devenue un portique de jeux et des bambins l'escaladent acrobatiquement sous le regard amusé des parents ; les deux amoureux reçoivent  fréquemment et sans savoir les bloquer les ballons mal ajustés des Zidane en herbe (ou en pelouse)... Des tags, des obscénités souillent les fesses de marbre de nos pauvres tourtereaux...

Il y a péril en la demeure ! Péril pour les enfants qui vont finir par se blesser lorsque les bras des statues soumis à rude épreuve finiront immanquablement par lâcher, péril pour l'œuvre, évidemment, qui n'est plus respectée.

N'oublions pas qu'une œuvre a déjà été détruite dans les Jardins de la Fontaine : la statue de « la Jeune fille au chevreau », de Marcel Courbier, qui n'a pas résisté aux vandales. Ne pourrait-on comme à Florence réaliser une copie de l'œuvre et en garder l'original (restauré) dans un musée de la ville ?

Espérons que nos édiles alertés sauront réagir à temps et prendront enfin des mesures adaptées pour protéger définitivement nos amoureux malmenés dont voici quelques images glanées au fil des ans.


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Hélas...
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On a depuis nettoyé ces souillures...
Mais toujours pas celles-là...
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jeudi, 21 janvier 2010

Fenêtres suédoises

 

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J'avais écrit cette note le 20/06/2007, en lien avec mon diaporama sur les portes, les fenêtres et les façades (voir ci-contre) :

« Comme beaucoup de photographes j'aime les portes, les fenêtres, les façades des maisons. Elles en sont d'humaines métaphores, tout ou partie de leur visage discret ou lourdement fardé. Elles appartiennent au monde de l'entre-deux, donnent à voir à ceux du dehors ce que ceux du dedans veulent bien laisser paraître. Elles disent en filigrane l'ordre, la rigueur, le soin, la poésie, la fantaisie, la fierté, la vanité, la naïveté, le bon, le mauvais goût.
Vieilles, très vieilles portes ouvertes et fermées mille fois puis fermées à jamais, blessées de clous rouillés, de gongs cassés ou déchaussés, de serrures inutiles, de heurtoirs sclérosés, de poignées arrachées, de chatières grossières, je vous ai vues en sépia il y a longtemps, dans les Cévennes. C'est vous, je crois, qui m'avez fait aimer tous ces paravents de l'intime.
J'ai photographié, depuis, beaucoup de portes, beaucoup de fenêtres, de façades de toutes sortes car j'aime imaginer - ou vous laisser le faire - l'invisible théâtre qui se joue de l'autre côté de ce qui est donné à voir. Devant ces portes closes, ces carreaux sombres, ces murs impénétrables, nous ne sommes en fait que d'aveugles voyeurs et notre fantaisie sert de prothèse à nos yeux impuissants. Nous échafaudons d'improbables histoires, nous composons des familles, nous écrivons des sagas, nous tricotons du bonheur comme nous aimerions en vivre.
Et puis, parfois, la porte s'ouvre, la fenêtre s'entrebâille, le dedans se trahit. Alors nous détournons la tête. C'était plus vrai dans notre histoire. »

Je ne retranche rien à ce texte plus de deux ans après. Cependant, le détour récent par Stockholm m'oblige à compléter ces remarques.

Dans les pays du Nord de l'Europe, ceux marqués par le calvinisme (pour simplifier un peu), l'absence fréquente de rideaux ou de volets est pour nous, gens du Sud, remarquable.

Le passant n'a pas à « imaginer », comme je l'écrivais, ce qui se passe à l'intérieur : l'intérieur est pour lui mis en scène.

Cette mise en scène de l'intime a certainement plusieurs explications qui peuvent se compléter : trop peu de soleil, trop peu de jour, en gaspiller le moindre lux est un luxe coûteux... faire à ceux du dehors que la nuit surprend tôt l'aumône d'un peu de lumière... montrer qu'on n'a rien à cacher, que nul péché ne vient souiller la demeure d'une honnête famille... montrer, étaler tout ce que le travail - pour la gloire de dieu - accorde à ceux qui l'érigent en valeur des valeurs...

À Noël, chandeliers aux branches étagées, étoiles de l'Avent pavoisent ces fenêtres et leur donnent un sourire qui réchauffe le cœur des passants que le froid mortifie.

J'aime ces fenêtres du Nord, après tout, elles ne différent des nôtres que par ces rideaux ou ces volets qu'on ferme ou pas, mais ces volets ou ces rideaux fermés ou pas nous disent que partout dans le monde chacun voit le monde à sa manière, chacun voit midi à sa... porte.

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vendredi, 08 janvier 2010

Neige d'ici et d'ailleurs

Il neige sur Nîmes, il a neigé toute la journée. Comme l'année dernière avec le même temps, les Jardins de la Fontaine sont mystérieusement restés fermés. Il faudrait m'expliquer cette nîmoise étrangeté. Revenant de Stockholm, je suis encore plus stupéfait, bien sûr ! Peut-être que demain, le « cataclysme » passé, nos Cerbères engourdis daigneront-ils ouvrir la porte de leur trésor ouaté...

La nuit est tombée depuis longtemps mais les toits blancs font de la résistance. Je repense à Stockholm, à ce jour qui se meurt à deux heures de l'après-midi et qui a expiré à trois heures sonnées. Deux images - avant une série à venir sur des façades suédoises - semblent assez bien traduire ma stupeur de méridional devant cette soudaine disparition de la lumière. L'une montre un arbre qui a surgi tel un fantôme étique au détour d'un chemin enneigé. Pas de pied pour capturer « dans les règles de l'art » cette étrange vision, alors je retiens mon souffle, deux secondes, avec l'éclair du flash pour arracher ce spectre à son linceul de ténèbres. Le bougé inévitable traduit bien cette ambiance, il y manque le bruit mat de la neige écrasée sous mes pas, sa froide piqûre lorsqu'elle s'écrase sur mes joues.

Plus loin, après une montée à travers un petit bois, une anse dévoile ses eaux sombres, un ponton où s'accrochent quelques bateaux de plaisance. Étrange endroit aussi, j'aimerais bien le voir de jour, mais qui sait, le charme serait peut-être alors rompu. Un bateau mouille au milieu de cette anse - trop loin pour être capturé - , un vieux vapeur qui ajoute au mystère et donne un peu de vie à ce cadre exotique avec, derrière la vitre givrée d'une cabine, une petite lumière solitaire. Peut-être le vieux marin de Samuel Taylor Coleridge s'est-il caché ici pour fuir sa destinée...

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vendredi, 01 janvier 2010

Jardins du jour de l'an

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Il fallait bien que je commence mon année photographique dans ces Jardins qui sont le thème originel de ce blog.

Ils sont déserts, ces Jardins, ou à peu près, en ce milieu de journée de l'an neuf.

Je m'attarde un peu devant la source. Ce sera tout pour aujourd'hui...

Tout est ici métaphore : an neuf, source, et même la forme de cette source de Nemausus dont je parlerai une autre fois...

Les Jardins et moi, en cette année 2010, avons encore beaucoup à nous dire...

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